14/07/2013 : Sajama - Curahuara de Carangas

Histoire de se payer un peu de bon temps et de se remettre de la rudesse du climat, on va jusqu'aux sources naturelles d'eau chaude à quelques kilomètres de Sajama. Certainement le bain le plus délicieux dans le cadre le plus idyllique qu'on ait connu.

 

En début d'après-midi, on reprend la route vers Curahuara de Carangas. Sur le chemin, superbes paysages qui nous font penser un peu aux Needles de Canyon Land aux USA.

 

On passe la nuit dans un hôtel 3 étoiles ! Standard bolivien bien sûr... ;-)))

 

13/07/2013 : Sajama

En fin de matinée, on embarque tous dans le camion pour aller voir des geysers à 8 km du village, accessibles par une belle piste qui serpente dans une large vallée. Le décor est magnifique : une immense plaine entourée de sommets dont plusieurs dépassent les 6000 m. Juste à la frontière, du côté chilien, il y a le volcan Parinacota et son jumeau le Pomerape. Et en face, le toit de la Bolivie, le Sajama avec ses 6542 m. On a une vue à 360° à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il y a plein de lamas d'élevage et aussi quelques vigognes sauvages qui galopent un peu partout.

Plus loin, la piste devient plus escarpée pour grimper vers l'endroit où se trouvent les geysers. Dans une belle vallée, on aperçoit quelques fumerolles et marres qui bouillonnent. Alors que Benoît et moi on s'approche d'un trou qui a l'air un peut plus actif que les autres, il se met à cracher un solide jet d'eau bouillante et de vapeur. Une minute plus tard et on était en plein dedans ! Gloups.

Le pique-nique le plus élevé de notre vie un point de vue à 4418 m !

 

Histoire de se mettre un peu en jambes, Romy et moi décidons de revenir au village à pied tandis que les autres retourneront avec le camion. Première petite randonnée pour nous a une telle altitude. Le chemin est tres facile et ça se passe sans souci, juste le souffle un peu court. Les paysages sont splendides, le tout sous un beau soleil et un ciel bien bleu.

Au soir, balade en famille autour d'un lac proche pour profiter du coucher de soleil.

 

 

12/07/2013 : Tiwanaku-Sajama

A l'hôtel au matin, l'agua calliente, qui ne l'était déjà pas vraiment la veille, l'est encore moins. Je me fâche un peu sur la petite dame qui m'emmène au fin fond de l'hôtel dans une chambre où l'eau est soit-disant super calliente. Mouais bof, disons tout au plus tiède. Tant pis, on passe quand même tous les trois à la douche.

Le temps de tout ce cinéma, d'aller déjeuner à l'extérieur, de ranger le camion, d'acheter quelques bibelots à un brave gars qui passait par là à vélo et il est déjà fort tard pour se mettre en route. L'objectif est d'arriver au Parc national de Sajama à environ 350 km de route d'ici. Il faut malheureusement repasser par La Paz où on perd pas mal de temps dans les bouchons. Un bref arrêt à l'aéroport pour que Benoît laisse un message sur le camping car de leurs amis Les Oiseaux qui ont fait un bout de chemin avec eux en Argentine et au Chili, puis on continue. La route pour sortir de La Paz vers le sud nous fait voir l'étendue du quartier El Alto et les conditions de vie difficiles de ses habitants. Des constructions en briques rouges la plupart du temps inachevées, des rues en terre, des déchets partout, pas une trace de végétation...

 

À Patacamaya, on prend à gauche pour les derniers 200 km vers Sajama, sur ce qui est annoncé comme la meilleure route de Bolivie. Le volcan se dresse déjà en point de mire au bout des longues portions de route en ligne droite.

À mesure que l'on avance, le paysage devient de plus en plus sympa. La monotonie de l'altiplano laisse la place à de beaux reliefs avec de superbes couleurs. Surtout que le soleil est déjà bien bas et donne une belle lumière rasante. Devant nous, on voit déjà l'immense cône du Sajama, le plus haut sommet de Bolivie avec 6542 m. Finalement, la nuit est bien tombée lorsque Benoît attaque la piste d'une quinzaine de kilomètres pour arriver au village de Sajama. Impressionnant dans le noir complet, on est secoué dans tous les sens, mais il maîtrise bien son affaire. On trouve rapidement une chambre dans une hostal choisie un peu à l'aveuglette et puis tous le monde se retrouve dans le resto qui a la bonne idée d'avoir un feu de bois. Bon, il n'y a plus que de la soupe à manger mais tant pis, ça fait du bien d'être au chaud. Au-dessus de nos têtes, un de ces ciels comme on n'en voit que dans ces villages du bout du monde. On voit parfaitement l'immense trace de la voie lactée et plein d'étoiles dont la Croix du Sud. On se glisse dans nos chambres, pfiouuuu qu'est-ce que ça caille : il fait quand même -8° dehors et bien sûr, ce n'est pas chauffé (probablement proche de 0° à l'intérieur). On est content d'avoir acheté de bons duvets avant de partir (merci Astrid pour le prêt du troisième sac de couchage !).

Notre hostal au petit jour le lendemain, avec les sommets enneigés au loin.


 

11/07/2013 : Tiwanaku

Ce matin, on attaque la visite du site archéologique de Tiwanaku avant l'arrivée des premiers bus de touristes qui viennent à la journée depuis La Paz. Il ne reste plus grand chose des bâtiments mais ça vaut quand même la peine d'être vu. Le musée des céramiques est intéressant mais celui des pierres... ne contient qu'une seule et unique pièce (colossale il faut le dire) ! Ce sont les artefacts trouvés ici qui auraient inspirés Hergé pour sa BD Le Temple du Soleil.

 

La porte du soleil.

 

Le parlophone de l'époque.

Temple semi-souterrain avec de superbes têtes anthropomorphes.
Au soir, le bled prend des allures de village fantôme du Far West. On s'enfile des salchipapas dans un petit snack en guise de souper.

 

Première soirée dans le camion avant de regagner nos chambres glaciales. Les filles nous font la démonstration de leur progrès en lecture. Chapeau !

Infos : Hotel Tiwanaku, à 500 m du site archéologique, 70 Bvs/personne pour une chambre aves sdb privée, eau soit-disant chaude mais en fait non et même pas d'eau froide du tout ! Supplément de 20 Bvs pour un pdj plutôt chiche.

 

08-10/07/2013 : La Paz

La nuit a été fraîche mais plutôt bonne. La douche super chaude au matin fait du bien. La grande claque c'est au petit déjeuner car il fait glacial dans la salle, entre 5 et 10° certainement. C'est donc dans nos doudounes que nous dégustons nos cafe con leche (merci à Romy d'avoir insisté pour les emporter !). La vue sur La Paz depuis la terrasse de l'hôtel est impressionnante. 


On se met en route pour une visite du centre historique. Les rues sont bondées de monde, la circulation est infernale, il y a un mélange d'odeurs de gaz d'échappement et de toutes sortes de choses qui semblent se manger, c'est plein de minuscules boutiques qui vendent de tout (même des fœtus de lama dans le quartier du marchés des sorcières). Mettez le tout dans une énorme cuvette avec des milliers de maisons qui s'accrochent jusqu'au bord, sous un ciel d'un bleu parfait, et vous obtiendrez une idée de ce à quoi ressemble La Paz. 



Bonne chance en cas de panne électrique...


Au départ, il était prévu de passer seulement deux nuit ici mais à cause d'un souci de santé pour Scali, on a dû rester une journée supplémentaire. Comme c'était sérieux, on a fait venir un médecin qui heureusement parlait français. Verdict, salmonellose avec une solide fièvre. On a tous été inquiet pour Scali mais finalement elle s'est bien remise grâce aux antibiotiques. 

Pendant que les parents veillaient sur elle à l'hôtel, nous avons emmenés ses sœurs en ballade pour voir d'autres coins de la ville. L'occasion de tester les transports locaux : mini bus, micro bus, taxi, il y a le choix et ça ne coûte pas cher. Il faut dire qu'il n'y a presque pas de voitures particulières ici. 


Notre première sortie nous amène au point de vue de Laikacota qui nous fait découvrir les quartiers plus modernes. Un peu plus loi, il y a un mini parc d'attractions pour les enfants. Maïlys et Morgane s'essaient à un tour de vélo sur piste à près de 4000 m d'altitude. 


Au soir, tout le monde se rassemble dans une chambre pour veiller sur Scali. Histoire de se changer un peu les idées, on ouvre la valise aux cadeaux que l'on a amenée de Belgique. Il y en a pour tout le monde : livres, robes, produits de beauté, rillettes, chocolat, liseuse électronique...


Le lendemain, on repart avec Morgane et Maïlys pour le mirador Killi-Killi qui offre des vues spectaculaires à 360° sur la ville. Ça grimpe sec pour y arriver.



En rentrant à l'hôtel vers 14h, la bonne nouvelle tombe : le médecin a déclaré Scali apte à continuer le voyage. On saute dans un taxi pour aller reprendre le camion à l'aéroport. 

Notre première étape est Tiwanaku à seulement 1h30 de (bonne, c'est plutôt rare par ici paraît-il) route d'ici. On trouve rapidement un hôtel pour nous trois à 200 m du site archéologique tandis que le camion des Itinérants se gare un peu plus loin. 

06-07/07/2013 : Bruxelles - La Paz

Ça y est, les vacances sont de retour et les voyageurs peuvent reprendre la route ! Cette fois-ci, ce sera le voyage des grandes premières : premier pas en Amérique latine, première fois qu'on ne part pas rien qu'à nous deux (eh oui, on embarque la Mamma avec nous), premier voyage à si haute altitude et surtout, première fois qu'on va revoir la famille des Itinérants (*) depuis leur départ il y a six mois. On va donc retrouver Benoît, Thi-Thanh, Maïlys, Morgane et Scali qui ont déjà sillonné l'Argentine et le Chili à bord de leur super camion. Et on va faire un bout de chemin avec eux pendant cinq semaines. Le rendez-vous est fixé à La Paz.

(* voir http://www.itinerrance.info/ pour plus d'infos sur leur trip)

Le trio embarque à Bruxelles (merci à Marc pour le lift), pour presque 30 h de voyage à destination de la Bolivie via Madrid et Santiago.


Par le hublot, la partie nord du Chili ne ressemble qu'à un énorme désert. En descendant à Iquique pour une escale technique, on se dit que ça ne doit pas être bien différent de débarquer sur Mars.


Plus on s'approche de La Paz, plus l'excitation des retrouvailles monte mais aussi l'appréhension de débarquer directement à 4000 m. Finalement, ça se passe plutôt bien une fois au sol : juste le cœur qui bat un peu vite, un léger poids sur la poitrine et l'impression de marcher sur la lune, un peu dans le gaz quoi. On passe la douane sans déclarer le chocolat, la pâte de speculoos et autres rillettes qu'on a emmenés pour nos Belges en exil. À la sortie de l'aéroport, toute la famille est la pour nous accueillir. Séquence émotion ! C'est à peine si on reconnaît Benoît qui s'est laissé pousser une barbe qui lui donne un vrai air de baroudeur. En tout cas, tout le monde a bonne mine.


Histoire de profiter tranquillement des retrouvailles et de nous permettre d'atterrir en douceur, nous qui ne sommes pas encore acclimatés à l'altitude, Benoît a réservé des chambres dans un hôtel du centre de La Paz. Pendant ce temps, le camion restera sur un parking gardé à l'aéroport. A peine les bagages déposés, la nuit est bien tombée et on sort pour aller manger ensemble. Premier steak de lama pour moi. Un petit goût corsé, plutôt bon. Les chambres ne sont pas chauffées mais ce n'est pas ça qui va nous empêcher de profiter d'un repos bien mérité.